Maurice Kriegel-Valrimont
Dans notre série "Les grands hommes d'Alsace méconnus", ce billet est consacré à Maurice Kriegel-Valrimont, Grand Résistant, décédé en août 2006 à 92 ans.
Sur les photos, dans les films, Maurice Kriegel-Valrimont, c’est le jeune homme à lunettes debout derrière le général Leclerc, le jour de la Libération de Paris, tandis que leur char se fend un chemin parmi la foule. On pourrait donc dresser son portrait en héros national, résistant de la première heure, commandant des FFI de la zone sud, arrêté par la police française et questionné par la Gestapo. On pourrait remonter avant, même, à sa jeunesse strasbourgeoise, antifasciste dès 33, trop militant déjà pour se dévouer à son droit, entrant comme employé dans une société d’assurance et, presque aussitôt, établissant un piquet de grève devant sa boîte en juin 36. On pourrait poursuivre plus loin, aussi, et lister ses fonctions dans l’après-guerre : député communiste de Meurthe-et-Moselle, membre du Comité central, directeur de l’hebdomadaire Action, vice-président de la Haute cour de Justice, etc. On pourrait s’arrêter sur cette soirée de 1961 où, dans la salle municipale d’Auboué, dans son département, un dirigeant du Parti venu de Paris le dépeint comme un « gaulliste camouflé », un « traître endurci », et obtient l’éviction d’un cadre qui s’oppose au stalinisme maintenu par le PCF même après Staline, même après le rapport Khroutchev. On pourrait rédiger dix tomes, peut-être, sur les dix vies de cet enragé de l’engagement.
Transcription d'un entretien avec M.Kriegel
Ecouter M.Kriegel
Sur les photos, dans les films, Maurice Kriegel-Valrimont, c’est le jeune homme à lunettes debout derrière le général Leclerc, le jour de la Libération de Paris, tandis que leur char se fend un chemin parmi la foule. On pourrait donc dresser son portrait en héros national, résistant de la première heure, commandant des FFI de la zone sud, arrêté par la police française et questionné par la Gestapo. On pourrait remonter avant, même, à sa jeunesse strasbourgeoise, antifasciste dès 33, trop militant déjà pour se dévouer à son droit, entrant comme employé dans une société d’assurance et, presque aussitôt, établissant un piquet de grève devant sa boîte en juin 36. On pourrait poursuivre plus loin, aussi, et lister ses fonctions dans l’après-guerre : député communiste de Meurthe-et-Moselle, membre du Comité central, directeur de l’hebdomadaire Action, vice-président de la Haute cour de Justice, etc. On pourrait s’arrêter sur cette soirée de 1961 où, dans la salle municipale d’Auboué, dans son département, un dirigeant du Parti venu de Paris le dépeint comme un « gaulliste camouflé », un « traître endurci », et obtient l’éviction d’un cadre qui s’oppose au stalinisme maintenu par le PCF même après Staline, même après le rapport Khroutchev. On pourrait rédiger dix tomes, peut-être, sur les dix vies de cet enragé de l’engagement.
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